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Maddalena Carli, Nazione e rivoluzione. Il « socialismo nazionale » in Italia : mitologia di un discorso rivoluzionario

vendredi 25 septembre 2015

Lectures

Maddalena Carli, Nazione e rivoluzione. Il « socialismo nazionale » in Italia : mitologia di un discorso rivoluzionario
Milan, Unicopli, 2001, 222 p.

GIANINAZZI (Willy)

L’ouvrage répond par l’affirmative à la question qui l’a motivé. La voici : le fascisme puisa-t-il ses codes expressifs dans un discours mythologique, que mirent en place, chacun de leur côté, le nationalisme et le syndicalisme révolutionnaire, à l’aube des années dix ? Le premier par la plume de l’écrivain Enrico Corradini, le second par ses intellectuels Sorel, Labriola, Olivetti, Orano. Le fascisme, en quête d’identité, préféra limiter la généalogie au filon subversif. Même l’ex-nationaliste Alfredo Rocco, juriste du régime, en alla du couplet (1923). L’auteur ne récuse pas la reconstruction que Mussolini officialisa dans la célèbre entrée « Fascisme » de l’encyclopédie Treccani (1932), tout en la montrant partielle et partiale.

Les généalogies idéelles valent ce qu’elles valent. Pas grand-chose. L’auteur n’en est pas dupe, qui se démarque d’une historiographie autant à la mode que débile sur le plan méthodologique. C’est que l’auteur ne manque pas de profiter des acquis de l’historiographie italienne des années soixante-dix pour cadrer sociologiquement la rhétorique de ces intellectuels qui finiront par accepter l’oxymore « socialisme national ». Résumons la thèse. Sous couvert d’une critique commune du régime démocratique en place, il y a convergence entre cadres nationalistes et révolutionnaires parce que tous vivent la même « crise de rôle » : la prolétarisation des petits intellectuels qui pousse ceux-ci à rechercher le mandat politique idoine à une requalification sociale. Le phénomène existe aussi en France comme en témoignent à la même époque les connivences entre des gens d’Action française et des partisans du syndicalisme révolutionnaire.

Le biais ? La mise en œuvre d’une rhétorique qui recourt aux modules mythologiques pour « dé-politiser » le discours (les Mythologies de Roland Barthes font ici office de référence méthodologique). C’est en en appelant aux sentiments patriotiques, que l’intellectuel est censé ressentir tout naturellement au plus profond de lui-même, qu’il est possible d’occulter les raisons politiques qui fondent les classes. Voilà pourquoi l’éveil des émotions et la pose esthétique tiennent lieu d’analyse.

L’approche de Maddalena Carli est stimulante. Sur le fond, elle emporte l’adhésion. On pourrait regretter que sa démonstration se trouve affaiblie par une documentation trop succincte qui la contraint parfois à forcer le sens des citations. D’autres textes probants étaient disponibles. L’intelligence argumentative de l’auteur y supplée. Assurément, un auteur à suivre.


Cet article a été publié dans Mil neuf cent, n° 20, 2002 : Péguy et l’histoire, .
Auteur(s) : GIANINAZZI (Willy)
Titre : Maddalena Carli, Nazione e rivoluzione. Il « socialismo nazionale » in Italia : mitologia di un discorso rivoluzionario : Milan, Unicopli, 2001, 222 p.
Pour citer cet article : http://www.revue1900.org/spip.php?article75

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