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Les présupposés du réformisme. Autour de la Société fabienne (1884-1914)

samedi 26 septembre 2015

JOUSSE (Emmanuel)

Résumé

La Société fabienne, fondée en 1884, est l’organisation la plus emblématique du réformisme travailliste. En cela, elle manifeste de façon extrême les possibilités et difficultés d’une voie qui mène à la révolution sans passer par l’insurrection, par le progrès naturel et pacifique de l’histoire. La Société, menée par Sidney et Beatrice Webb, ainsi que par George Bernard Shaw, contredit l’idée que le réformisme n’est qu’une pratique sans théorie. Celle-ci est élaborée entre 1884 et 1889, selon les controverses de l’heure et dans un contexte où les oppositions dogmatiques ne sont pas encore fixées. La difficulté majeure du réformisme, éclairée par le cas fabien, ne serait donc pas la définition d’une doctrine, mais plutôt la possibilité de sa mise en œuvre, soumise à l’impératif de compétence qui garantit l’efficacité et la légitimité de la réforme. Après 1910, le rôle de la Société est celui d’un think-tank, à la voix rendue inaudible devant la force croissante du Labour. Le défaut d’une courroie de transmission pour mettre les réformes en application, patent avant 1914, est finalement surmonté avec la Grande Guerre, qui lie plus étroitement la Société aux travaillistes, au point qu’ils fournissent les fondements du programme du parti en 1918.

Abstract

The Fabian Society, incepted in 1884, remains the most figurative reformist organisation, both in Labour movement and in European socialism. As such, it sharply highlights the opportunities as well as the strong hardships of a specific path towards social revolution, that would not go through violence, but would follow the lines of natural and peaceful progress. The Society, headed by Sidney and Beatrice Webb, and by George Bernard Shaw, challenges the idea of a mere pragmatic reformism, without any clear doctrinal basis. This theory was worked out between 1884 and 1889, according to contemporary controversies, where theoretical oppositions were not settled. Therefore the main difficulty facing reformism, as illustrated by the Fabian case, was not the definition of a doctrine, but rather its practical implementation, submitted to a required competence that would ensure reforms’ efficiency and legitimacy. Without neither party support nor political advocates, the Society was reduced to the role of a mere think tank after 1910, with an unheard voice compared to the rising influence of Labour Party. The lack of a channel through which reforms could be voted and applied was obvious before 1914, and was overcome during the war : Fabians were increasingly tied to Labour, so that they gave the main principles of the party programme in 1918.


Cet article a été publié dans Mil neuf cent, n° 30, 2012 : Le réformisme radical. Socialistes réformistes en Europe (1880-1930), p. 89-114.
Auteur(s) : JOUSSE (Emmanuel)
Titre : Les présupposés du réformisme : Autour de la Société fabienne (1884-1914)
Pour citer cet article : http://www.revue1900.org/spip.php?article194

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