Revue d’histoire intellectuelle

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Une famille agitée. Le syndicalisme révolutionnaire en Europe de la charte d’Amiens à la Première Guerre mondiale.

vendredi 25 septembre 2015

THORPE (Wayne)

Résumé

En 1906, lorsque la CGT adopte la Charte d’Amiens, elle constitue la seule organisation ouvrière en Europe à se réclamer du syndicalisme révolutionnaire. En 1912, c’est dans une douzaine de pays européens que des syndicats ou des groupes de propagande inspirés par la France ont embrassé la cause. Il ne s’agit pas pour eux d’importer sans le critiquer un modèle français spécifique, ils conçoivent plutôt leur appartenance à une famille internationale, au sein de laquelle les Français font figure de frère aîné. Si l’inspiration hexagonale de tous ces mouvements européens n’est pas en cause, les traits communs qu’ils présentent entre eux dépassent largement ceux qu’ils possèdent avec la CGT. Tous minoritaires contrairement à elle, ils font très peu de place aux voix réformistes ; assiégés par de puissants adversaires, ils restent très attachés à leur autonomie révolutionnaire. Enfin, leur exclusion du très social-démocrate Secrétariat syndical international aggrave leur différence d’avec la CGT qui s’y implique de manière croissante alors même que se dessine le projet d’une internationale révolutionnaire parallèle.
Jusqu’à l’éclatement de la guerre en 1914, la CGT et les révolutionnaires européens encore organisés partagent le sentiment d’appartenir à une famille internationale, mais sans parvenir à agir en tant que telle.

Abstract

Uneasy family : Revolutionary syndicalism in Europe from the Chartre d’Amiens to World War I.
In 1906 when the CGT endorsed the Charter of Amiens, it was the only self-proclaimed revolutionary syndicalist organization in Europe. By 1912 trade union or propaganda organizations in a dozen European countries, which drew inspiration from France, espoused the creed. They saw themselves not as uncritically importing a distinctive French model, but rather as members of an international family within which the French were the elder brothers.
Despite the inspiration they drew from their Gallic brethren, national syndicalist organizations outside France appeared to have more in common with one another than any of them did with the CGT. Unlike the CGT, they were all minority movements within which reformist voices were relatively muted. Unlike the CGT, they were beleaguered by larger union opponents, but remained committed to maintaining their own revolutionary unions.
Compounding these differences, they were all barred from the social-democratically dominated International Secretariat of National Trade Union Centres, to which the CGT belonged and to which its commitment grew just as its fellow revolutionary syndicalists increasingly pondered establishing their own international revolutionary alternative. Up to the outbreak of war in 1914, the CGT and the remaining national syndicalist organizations in Europe saw themselves as an international family, but were not able to act as one.


Cet article a été publié dans Mil neuf cent, n° 24, 2006 : Le syndicalisme révolutionnaire
La charte d’Amiens a cent ans, p. 123-152.
Auteur(s) : THORPE (Wayne)
Titre : Une famille agitée : Le syndicalisme révolutionnaire en Europe de la charte d’Amiens à la Première Guerre mondiale
Pour citer cet article : http://www.revue1900.org/spip.php?article103

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